15h37 #4

15h37
     « Aïe aïe aight, s’il va sur l’autoroute, il est mort. On a plus de puizzance ! ».  Avec sa  sale tête de fils de nazi, Hans, bien calé dans le siège passager de la Mercedes E500, est heureux du déroulement de cette poursuite. Après un début de course chaotique dans les rues de Marseille, il annonce à son pilote une victoire certaine contre le taxi blanc qui les a encore provoqué. Daniel, au volant de la 406 blanche bodybuildée, s’engouffre sur la rocade de Marseille avec les deux bolides allemands surpuissants collés au pare-chocs. Suicidaire ? Il l’avait pourtant prévenu, Hans, que cette grande gueule de Français allaient payer pour son insolence et se faire exploser si il empruntait cette route, lui et sa Peugeot.
    Le problème, c’est que le pilote Allemand voit rarement plus loin que le bout de son capot. Surement à cause de l’étoile trop brillante qui y trône, et à laquelle il va pouvoir se raccrocher : dans pas longtemps il va être satellisé. « Si il y avait une barrière, c’est qu’il y a une raison, Daniel ! », annonce Émilien au poste de co-pilote du Taxi qui emprunte une route fermée. Le 4 cylindres de la 406 super-tourisme déguisée en Taxi hurle à la mort sur le pont en construction, les V8 des Mercedes grognent et Hans hurle : « VAS-Y ! BOUFFE-LE ! BOUFFE-LE ! ». La chaussure bateau de Daniel enfonce soudainement la pédale de frein, Emilien se cache les yeux : le pont n’est pas terminé et le vide fait trop rapidement face. Les Mercedes les dépassent, fières et victorieuses, décollent et atterrissent plus loin,  sur une portion du pont isolée. C’est terminé, la tortue a gagné. « Gros lièvre pas content d’être battu par petite tortue ».
Il vaut mieux être insolent que ridicule.